Etudiants et Jeunes actifs

Les jeunes paient 4 fois plus cher

En 2000, la Caisse Nationale d’Allocations Familiales publiait une étude intéressante : le montant annuel moyen des frais de loyer hors charges s’élevait à 3.356 euros pour les ménages dont la personne de référence était âgée de moins de 25 ans, 3.059 euros pour les 25-34 ans, alors qu’il descendait à 1.957 euros pour les 35-44 ans et ne cessait ensuite de décliner pour les tranches d’âges supérieures, atteignant 838 euros pour les 65-74ans :

C’est ici

Vous avez bien lu : les jeunes, qui gagnent pourtant souvent beaucoup moins que leurs aînés, paient, en valeur absolue, des loyers 4 fois plus chers. Et pourtant ils habitent généralement dans des logements plus petits. L’explication ? Les jeunes louent principalement dans le secteur libre (normal, avec 10 ans d’attente dans le secteur social, quand ils trouvent enfin un logement, ils ont cessé d’être jeunes) et comme ils sont mobiles, ils sont les premiers touchés par les loyers de relocation, qui ne sont pas encadrés et augmentent beaucoup plus que les loyers des locataires stables.

Ce sont donc les loyers des jeunes qui ont servi de combustible à cette augmentation de la valeur des actifs immobiliers. Ce sont avant tout les jeunes qui financent, bien malgré eux, la bulle spéculative.

un constat partagé par les jeunes

Les Assises nationales de la jeunesse du Conseil économique et social qui se sont tenues le 29 septembre 2006 au Palais d’Iéna ont mis en lumière le problème du logement.

Les jeunes présents ont partagé le même constat :  Alors que notre pays continue à dégager des richesses les problèmes de logement et d’habitat de notre société sont révoltants : sans logis, mal logement, zone de relégation et de ségrégation …  Les jeunes vivent plus longtemps au domicile de leurs parents  Bien trop souvent le dépôt de garantie est un obstacle qui empêche de nombreux jeunes de signer un bail et d’accéder à un logement autonome

Si les français jugent à 86% qu’il est difficile de trouver un logement (source : sondage TNS-Sofres, août-septembre 2006), pour la quasi intégralité des jeunes travailleurs ou en formation le logement reste une véritable gageure vécue, ou plutôt subie.

Entre le loyer, la caution à verser et les garanties demandées, les jeunes ont du mal à se loger décemment et en sont réduits à recourir au système D : hébergement parental prolongé, sous ou co-location, auberges de jeunesse, résidences, squats, etc.

 

Premier poste de dépense pour les étudiants et les jeunes actifs !

Le Logement représente le 1er poste de dépense pour les jeunes actifs et les 54 % d’étudiants qui ne vivent plus au domicile parental (soit près de 1.230.000 étudiants).

Le loyer mensuel moyen dépasse les 350 euros dans l’ensemble de la France et atteint même entre 470 et 550 euros selon les estimations pour Paris (soit + de 40% du SMIC).

Ce budget ponctionne la consommation des jeunes qui sont ainsi contraints de faire des économies sur les autres postes de dépense : nourriture, fournitures de bureau, déplacements, sorties, santé, frais d’inscription, etc.

En mesure-t-on suffisamment les conséquences sociales ? Cette tendance est d’autant plus alarmante que le logement précaire s’accompagne souvent de problèmes sociaux et de morosité empêchant les jeunes d’envisager sereinement leur futur et une vie familiale. D’autant que ce phénomène de précarisation croissante et continue affectant les jeunes a des répercussions néfastes sur l’économie : le manque de pouvoir d’achat de ces nouvelles cohortes pénalise la consommation et le marché.

La dépense de logement selon l’âge

Article repris de l’excellent "Observatoire des Inégalités"

Les données sur les niveaux de vie masquent une inégalité majeure, rarement prise en compte par les statistiques : le coût du logement.

Disposer de 1 500 euros de revenus ne permet pas de vivre de la même façon si vous avez achevé de rembourser vos emprunts et si vous devez en sortir 600 chaque mois pour payer votre loyer…

Une inégalité majeure, qui se décline souvent en fonction de l’âge. Le taux d’effort net, après allocations logement s’élève à 22 % du revenu des moins de 25 ans : il grève d’autant leur niveau de vie. Il n’est que de 4,5 % pour les 60 ans et plus. A l’intérieur même des classes d’âges, les inégalités sont majeures entre l’étudiant dont le loyer est payé par les parents et le jeune qui doit de lui-même subvenir à tous ses besoins, entre le retraité qui vient de terminer de payer son pavillon et celui qui doit piocher sur sa retraite.

Toujours dans l’Observatoire des Inégalités, Voir aussi "Niveaux de vie : le rôle du logement".

Coût annuel du logement selon l’âge et par ménage *.

En 1975, les salariés de 50 ans gagnaient en moyenne 15 % de plus que les salariés de 30 ans, les classes d’âge adultes vivant alors sur un pied d’égalité. Aujourd’hui, l’écart est de 40 %. En 1977, les salariés de 30 à 34 ans gagnaient 1,5 % de moins que la moyenne des salariés… 10 % de moins en 2000.

Chômage aidant, les fruits de la croissance économique, ralentie depuis 1975, ont été réservés aux plus de 45 ans. La lecture générationnelle permet de comprendre que les jeunes valorisés d’hier sont devenus les seniors favorisés d’aujourd’hui, par l’ancienneté. Les jeunes d’aujourd’hui subissent bien davantage que les autres tranches d’âge la pression du manque d’emploi.

Source : Enquêtes Emploi 2000 et Formation-qualification-professionnelle 1977, INSEE ; archives LASMAS-Quételet

Note : 100 = salaire moyen de l’année.

Une Réponse à “Etudiants et Jeunes actifs”

  1. Issa A dit:

    Bonjour,
    Je veux savoire les noms des villes en France où les logments sont les moins chers pour un étudiant dans une université
    merci d’avance

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